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Arco ; l’amitié haute en couleur

Réalisé en 2025 par Ugo Bienvenu, le long-métrage Arco mélange le style d’animation japonais et le dessin animé américain dans un décor coloré de science-fiction.

Lauréat de plusieurs prix en Europe, notamment le Cristal du long-métrage au Festival international du film d’animation d’Annecy 2025, le film raconte l’histoire d’Arco, un petit garçon de 10 ans vivant sur Terre en l’an 2932. À l’aide d’une cape arc-en-ciel, il se lance dans un voyage temporel pour voir les dinosaures. Cependant, il se retrouve par erreur en 2075 et rencontre Iris, une petite fille de son âge qui va tout faire pour l’aider à rentrer chez lui, tout en espérant survivre à son époque cauchemardesque ravagée par les cataclysmes environnementaux et la déshumanisation de la vie quotidienne.

Des personnages secondaires attachants

La plus grande force du film est dans quatre de ses personnages secondaires : Mikki le robot (doublé par Alma Jodorowsky et Swann Arlaud) et les trois chasseurs d’arc-en-ciel, Doogie, Stewie et Frankie (doublés respectivement par Vincent Macaigne, Louis Garrel et William Lebghil).

Mikki est le robot qui s’occupe d’Iris et de son petit frère Peter à la place de leurs parents qui travaillent dans une autre ville. Puisqu’ils sont presque toujours absents à cause de leurs emplois et majoritairement présents uniquement sous forme d’hologrammes, Mikki est la principale figure parentale d’Iris. Son attachement envers les enfants et son désir de les protéger le rend plus humain que certains personnages en chair et en os. La seule chose qui rappelle au spectateur que Mikki est un robot est son apparence physique. Hélas, malgré toute sa bonne volonté, Mikki reste une machine et la réalité le rattrape. Il s’agit d’une critique intéressante sur la possibilité de remplacer les humains par la technologie et d’un rappel que cette dernière ne peut suffire à l’éducation et la protection de l’humanité.

Les chasseurs d’arc-en-ciel, eux, apparaissent comme antagonistes, puis comme éléments comiques. Ils ont déjà vu d’autres voyageurs arc-en-ciel des années plus tôt, mais personne ne les a crus. Ils passent donc le reste de leur vie à tenter de confirmer leurs dires en récoltant des preuves. Avec le temps, ils sont devenus marginaux. Drôles et excessivement colorés, ils sont clairement une parodie adoucie des complotistes de notre époque. Avec leur apparence physique figée dans les années 70 (coupe de cheveux en champignon, costumes de velours colorés et cols roulés assortis), puis leur roulotte et technologie semblant sorties des années 90, les trois chasseurs d’arc-en-ciel semblent n’appartenir à aucune époque précise. Leur vie est un mélange de nostalgie, d’ambition folle et de désillusion. Cela permet à beaucoup de gens vivant perdus dans leurs souvenirs et leurs idées fixes de s’identifier facilement à eux.

Un message d’espoir

L’histoire d’Arco et Iris est un symbole de la rencontre entre deux futurs possibles. Celui d’Arco est utopique, coloré et presque magique. Celui d’Iris est, quant à lui, plutôt dystopique.

Il y a quelque chose de rassurant dans cette amitié. Si 2075, l’époque d’Iris, semble plutôt effrayante avec la destruction de son environnement par les catastrophes naturelles dont plus personne ne semble se soucier et la substitution des humains par les robots dans presque toutes les sphères de la société (travail ouvrier, personnel enseignant, figure parentale, etc.), le spectateur peut toujours se dire que cela peut s’améliorer, même après beaucoup de temps. En effet, c’est ce que le monde d’Arco représente.

C’est grâce à l’arrivée impromptue du petit garçon dans sa vie qu’Iris va trouver la force d’affronter son quotidien. Non seulement elle retrouve une certaine paix intérieure, mais elle apprend à faire de ses rêves une réalité.

Ugo Bienvenu place la barre déjà haute avec ce premier long-métrage. La profondeur de l’histoire et la complexité des personnages font d’Arco un dessin animé qui rappelle la possibilité d’un futur meilleur quand on met son énergie au bon endroit.

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