Du 4 au 15 octobre, la 46e édition du Festival du nouveau cinéma bat son plein à Montréal, et on peut dire que les amateurs d’imaginaire sont choyés, grâce à une programmation riche en films de science-fiction, de fantastique et d’horreur! En effet, c’est Blade Runner 2049, le film phénoménal que Denis Villeneuve vient tout juste d’offrir au public, qui a ouvert le festival! De plus, un autre incontournable à avoir marqué la programmation du festival est Les Affamés, de Robin Aubert: un film québécois de zombies qui saura vraiment vous surprendre!

 

Mais l’équipe des Horizons imaginaires est plutôt allée découvrir des films dont on a peut-être un peu moins entendu parler au Québec, et quelques-uns de ses rédacteurs vous présentent leurs mini-chroniques aujourd’hui et dimanche de quatre d’entre eux! Évidemment, si vous êtes allés les voir, dites-nous ce que vous-mêmes en avez pensé!

 

Crédit: Shoujirou Nishimi et Guillaume Renard

 

Mutafukaz, de Shoujirou Nishimi et Guillaume Renard. France/Japon, 2017, 90 min.

Par Amalia Greve Danielsen

 

Adapté de la bande dessinée du même nom de l’illustrateur français RUN (pseudonyme de Guillaume Renard), le film Mutafukaz raconte l’histoire d’Angelino, un jeune homme à l’apparence plutôt singulière, qui commence à voir des choses étranges après un accident de scooter. Accompagné de son ami Vinz, qui a littéralement la tête en feu, Angelino vit toutes sortes d’aventures dans Dark Meat City, la ville crasseuse et bruyante où il habite. Croisant la BD européenne, l’animation japonaise et la culture hip-hop de la côte ouest américaine, les réalisateurs ont, à mon avis, savamment concocté un long-métrage qui s’avère excellent. En plus de m’avoir énormément plu avec ses quelques notes de reggaeton, la bande sonore s’accorde très bien avec l’ambiance tantôt mystérieuse à la «Hommes en Noir», tantôt déchaînée à la «fusillades entre gangs rivaux»! De plus, l’ensemble du film est marqué par un humour à la fois parodique et absurde, qui m’a fait rire aux éclats plusieurs fois! Enfin, Mutafukaz réussit à exposer une  thématique environnementale très actuelle qui en enrichit le propos sans lui retirer sa charge divertissante. Bref, luchadors, extraterrestres dangereux, coquerelles de compagnie et poursuites automobiles sont tous au rendez-vous dans Mutafukaz, un film que je vous suggère fortement d’aller voir si vous avez envie d’être secoués et surpris mille fois plutôt qu’une!

 

Crédit: Joachim Trier

 

Thelma, de Joachim Trier. Norvège/France/Danemark/Suède, 2017, 116 min.

Par Sabina Roman

 

Thelma, réalisé par le Norvégien Joachim Trier, est un film qui allie science-fiction, suspense, fantastique et histoire d’amour. Alors que la jeune Thelma commence l’école, elle se met à avoir des crises d’épilepsie qui semblent provoquer des phénomènes étranges autour d’elle: les oiseaux agissent drôlement en sa présence et se fracassent contre les fenêtres de sa maison, le vent souffle avec puissance, etc. Ces événements surviennent de manières inattendues, et elle ne sait trop comment réagir. En effet, les médecins s’expliquent difficilement sa condition et ses symptômes, qui s’apparentent à de la sorcellerie. En fait, on découvre peu à peu que ce sont les émotions fortes qui la mettent dans cet état, nées du rapprochement romantique, troublant pour elle, qui commence à la lier à une autre fille qui fréquente son école. À travers tout cela, on assiste à sa transition vers l’âge adulte: Thelma quitte la maison familiale et se défait de l’espèce de répression chrétienne qui anime sa famille; celle-ci tente de réprimer ses pulsions et ses pouvoirs… En se séparant de ses parents, elle découvre de nouvelles libertés, des échappatoires autrefois interdits: sortir tard, boire et faire la fête, tomber amoureuse… De plus, dans la place importante que le film accorde à la nature, la douceur et l’horreur se mélangent avec harmonie. Certains plans sont plutôt subtils, tandis que d’autres proposent des images fortes et perturbantes. Par exemple, le film commence avec la scène d’une fille et son père qui chassent dans une forêt enneigée, d’une beauté apaisante. Lorsqu’un chevreuil passe près d’eux, le père saisit son arme, la pointe sur l’animal, attend, puis met plutôt son enfant en joue. Ce qui est venu me chercher le plus, c’est la lourdeur qui pèse sur le personnage, surtout lorsqu’elle est avec ses parents, une certaine tristesse qui annonce un mauvais présage…

 

***L’équipe des Horizons imaginaires tient à remercier
le Festival du nouveau cinéma pour les billets de faveur
offerts aux étudiants.***

 

Révision: Mathieu Lauzon-Dicso

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