Project Hail Mary : Seul dans l’espace… ou presque
Le 20 mars dernier l’hiver tirait sa révérence, s’alignant ainsi avec la sortie du tout nouveau film Project Hail Mary, tiré du roman éponyme d’Andy Weir et adapté à l’écran par le duo de réalisateurs Phil Lord et Christopher Miller. Drôle de coïncidence, considérant que le film nous emmène aux confins de l’espace afin de sauver le soleil. Rien de mieux pour souligner le retour progressif de notre astre tant apprécié qu’une intrigue qui le place au centre. Après un hiver frisquet et ardu, mon cœur ne demandait qu’un petit réconfort en attendant l’arrivée de l’été et sur ce point, j’ai été plus que servi.
On suit Ryland Grace (Ryan Gosling), un enseignant au secondaire passionné de sciences. Sa force réside dans son expertise en biologie moléculaire. Un jour, il reçoit la visite d’une mystérieuse Eva Stratt (Sandra Hüller), qui tentera de le convaincre de se joindre à une assemblée de scientifiques qui travaille d’arrache-pied sur un énigmatique projet nommé « dernière chance » (Project Hail Mary). Ce projet a pour but d’étudier un organisme méconnu, les astrophages, qui se nourrissent du soleil, précipitant ainsi sa disparition et mettant en danger la survie de la race humaine. Œuvrant comme un simple scientifique sur le projet, il se retrouvera, par une chaîne d’événements plus fortuits les uns que les autres, à bord du vaisseau envoyé pour sauver l’humanité.
Le film propose de suivre l’odyssée de Grace de manière décousue. On le suit alors qu’il se réveille d’un coma artificiel, seul et sans mémoire. Tout comme lui, nous apprenons, au travers de flashbacks, de quelle manière il s’est retrouvé à faire partie de l’équipage. L’astuce du retour dans le passé s’inscrit bien dans le déploiement du récit ; il est utilisé de manière assez fréquente mais ne devient toutefois pas un mécanisme ennuyant. Il instaure un souffle, une sortie du huis clos auquel nous confine le vaisseau spatial. Pour notre protagoniste, l’effet est tout autre ; déjà captif de cette mer d’étoiles, il devient aussi prisonnier du temps.

Après s’être rappelé le but de son voyage et appris très sommairement les bases du pilotage, il reprend sa route initiale. Loin d’être au bout de ses peines, voilà qu’un nouveau problème cogne à la porte ━ cette fois-ci littéralement : un extraterrestre. Malgré les nombreuses barrières, notamment la langue et leurs conditions de vie différentes, ces deux êtres, l’un de roche et l’autre de chair, apprennent à se comprendre et créent une relation attachante qui se révèlera être au cœur du film. Grace et Rocky (James Ortiz) finiront par former une équipe improbable étant donné leurs objectifs communs et démontreront que la camaraderie permet un dépassement de soi hors norme.
Malheureusement, le film s’étire un peu trop longtemps pour son propre bien. Les réalisateurs ont voulu capitaliser sur les moments cocasses que partagent Rocky et Grace. Malgré l’attachement que l’on voue aux deux personnages, ceux-ci deviennent redondants puisqu’ils utilisent les mêmes leviers humoristiques sans relâche. Je me suis aussi retrouvé, à plusieurs reprises, à croire que la fin de l’histoire était imminente alors que l’aventure trouvait un moyen de se prolonger de plus belle. Une façon de nous servir un peu plus de nos deux compagnons alors que leur périple aurait dû, selon moi, être terminé depuis une trentaine de minutes.
Les deux premières heures passent cependant à une vitesse ahurissante, soutenue par des prises de vues scintillantes signées Greig Fraser. Le même qui est derrière la cinématographie de Dune et de Rogue One: A Star Wars Story. Il a décidément une manière originale et bien à lui de traduire ces espaces stellaires en images.Le jeu d’acteurs est des plus juste, porté par un acteur charismatique (Ryan Gosling) et une actrice talentueuse (Sandra Hüller) dont les talents débordent l’écran. Le tout finement orchestré dans une mise en scène brillante et accompagné d’une bande-son composée par le talentueux Daniel Pemberton.
Project Hail Mary s’inscrit dans ma liste de feel good movies par excellence, mélangeant personnages attachants, espoir, comédie et bien sûr une petite touche de drame. Une recette gagnante qui permet de se détendre, de verser quelques larmes, mais aussi et surtout de sourire. Si comme moi vous cherchez un petit réconfort en attendant avec impatience l’arrivée des chaudes nuits d’été, prenez votre billet pour le Hail Mary et laissez-vous bercer, emmitouflé sous cette couverture étoilée que l’on nomme Cosmos.


