Seulement trois ans se sont écoulés entre la sortie d’Avatar 2 : La voie de l’eau et Avatar 3 : De feu et de cendres. Loin de l’attente générée par les 13 longues années qui ont séparé le premier volet du deuxième, James Cameron est revenu à la charge à la fin de 2025, afin de nous livrer le troisième opus de la saga. Malgré le goût amer que m’avait laissé le second film, en raison d’une intrigue beaucoup trop simpliste, j’ai tout de même décidé d’enfourcher de nouveau mon Ikran aux côtés des Na’vi, en quête de nouvelles aventures.

Le film suit la famille Sully, qui peine à se remettre du deuil de Neteyam, leur fils aîné. La bataille ayant clos le film précédent lui a coûté la vie, laissant un clan brisé en perte de repères et ressassant leur sentiment de haine vis-à-vis de la race humaine. Jake s’engage dans un périple pour rejoindre le camp Omatikaya afin d’amener Spider, jeune humain qui dérange, loin du clan Metkayina, le peuple de l’eau. Spider, recueilli par les Sullys, porte néanmoins en lui le sang d’un adversaire tenace, car il est le fils du colonel Miles Quaritch. Cette parenté renforce d’autant plus le sentiment de réjection qui plane sur lui. Dès son départ, la famille sera confrontée aux Mangkwan, une nouvelle bande dirigée par l’énigmatique Varang, prêtresse du feu. Elle trouvera en le colonel Quaritch, un ennemi de longue date de Jake, un allié. Chacun partage un but commun : régner sur les Na’vis. Les Sullys devront resserrer leurs liens afin de faire face à leur nouveau poursuivant, tout en combattant la cabale humaine qui menace toujours de s’emparer de Pandora.
Le nouvel Avatar ne réinvente malheureusement pas la roue. Il s’inscrit dans la même lignée que ses prédécesseurs. Une aventure épique dans laquelle on suit l’éveil d’un héros qui, grâce à son apogée, réussit à sortir tout le monde du pétrin in extremis. Qui dit structure simple dit souvent résolution anticipée et, fâcheusement, ce récit n’échappe pas à son propre piège.
Malgré un scénario répétitif, occasionnant des longueurs, 3h15 qui finissent par lasser, Cameron continue de déployer son univers à travers des scènes d’actions et d’explorations à couper le souffle, prenant pour toile de fond des environnements paradisiaques. De fonds marins aux hauts des airs, on sent l’attention minutieuse de l’équipe créative déployée afin de repousser les limites posées par l’antécédent. D’ailleurs, c’est l’un des objectifs que s’était lancé le réalisateur dès la parution du premier titre : créer une expérience cinématographique révolutionnaire repoussant les limites des effets visuels. C’est un pari audacieux qu’il a su maintenir, et maintient encore aujourd’hui.

Cameron introduit aussi des nuances à ses personnages, bénéficiant ainsi sa trame narrative, spécialement chez Quaritch, qui n’incarne plus le simple mal manichéen, mais chez qui un questionnement s’opère. En effet, la franchise nous avait habituée à un archétype clair : le méchant militaire sans remords. Désormais, on nous invite à aller à la rencontre d’un colonel ambiguë qui sera confronté à un choix existentiel. C’est un vent de fraicheur comparé à l’opus précédent, qui stagnait dans son narratif stéréotypé, car on avait du mal à éprouver tout type d’émotions vis-à-vis l’ennemi à l’exception d’une aversion habituelle. Je me suis retrouvé à plusieurs moments pris d’empathie pour l’ancien camarade de Jake, ce qui m’a laissé agréablement surpris.
Tout compte fait, Avatar 3 : De feu et de cendres peine à trouver sa voie, naviguant dans les mêmes terres battues que les deux précédents. Les moments d’actions haletants n’arrivent pas à compenser pour les pivots prévisibles que comporte l’épisode. Si vous laissez guider par un divertissement aux effets spéciaux grandioses vous suffit, foncez le voir sur grand écran; votre émerveillement sera tout du moins garanti.
