Les classiques ne sont pas des classiques pour rien. C’est sur ce principe que repose l’expérience immersive Hôtel Dracula. Créée à Barcelone, cette maison hantée en réalité virtuelle sera présentée à l’Universum Saint-Denis jusqu’au 1er septembre. Elle invite le public à venir explorer un métavers regroupant des monstres classiques tels que Dracula, l’abominable homme des neiges, la créature de Frankenstein, le Kraken et des zombies.
L’ambiance générale pourrait être décrite comme un mélange entre les différentes maisons hantées de Niagara Falls: Nightmare Fears Factory, Castle Dracula Wax Museum, House of Frankenstein, etc.
Le scénario est simple : le/la participant.e incarne une créature invitée par Dracula à séjourner dans son hôtel.
Le parcours
Au début de l’expérience, l’invité.e monte dans un bateau en ruine et choisit son avatar. Il/elle/iel a le choix entre une gargouille, une sorcière, un loup-garou ou un zombie. Le bateau largue les amarres et lève l’ancre jusqu’à l’Hôtel Dracula.
Arrivé à sa destination, le public entre dans le bâtiment et est accueilli par des employé.e.s zombies. Après, il commence à se promener dans les étroits et sinistres couloirs. Ceux-ci ont été décorés de tapisseries rouges, de vieux tableaux et de portraits de visages déformés par l’horreur. À quelques moments, des cris ou des silhouettes venus de nulle part font sursauter. Durant son parcours, l’invité.e rencontre trois portes qui sont en réalité des portails vers des univers alternatifs : les abysses du Kraken, la caverne de glace de l’abominable homme des neiges et un laboratoire nucléaire dans lequel vit la créature de Frankenstein. Les participants finissent leur visite dans une section de l’hôtel consacrée aux zombies. Ils/elles/iels sont invité.e.s à se joindre à leur festin.

Des graphismes réussis
En général, les graphismes sont satisfaisants. Les créateur.e.s ont respecté les codes physiques de chacun des monstres. Par exemple, la créature de Frankenstein a la peau jaunâtre, contrairement à la croyance populaire selon laquelle elle aurait la peau verte.
Ceci dit, les monstres les mieux réussis sont les zombies. Représentés comme des amas de muscles à forme humanoïde, ils sont dégoûtants à souhait. Leur section de l’hôtel est tapissée de chair et de muscles rouges ainsi que d’yeux globuleux qui suivent les invités du regard. Cela donne vraiment l’impression que l’hôtel est vivant. Cependant, il est vrai que les lianes vivantes qui jonchent les murs et le plancher d’un des couloirs au début de l’expérience sont très pixelisées à cause de leur effet de bioluminescence.
Une expérience pour tous
Il est vrai que les créateur.e.s n’ont pas cherché leurs idées de personnages ni leur concept bien loin, mais l’expérience reste amusante. Elle peut aussi bien convenir à quelqu’un qui désire sortir de sa zone de confort qu’aux amateur.e.s d’horreur confirmé.e.s. L’important est d’y aller avec des gens qui jouent le jeu.
Les sensations que permet de vivre le jeu sont bien présentes. Par exemple, dans l’antre du yéti, à un moment, la plaque de glace sous les pieds de l’invité.e se détache, entraînant ce dernier dans des tunnels de glace. Même si le sol de la salle est plat et immobile, l’invité.e a vraiment l’impression de glisser et de chuter. Dans mon cas, il a fallu qu’un membre du personnel m’aide un peu à me tenir debout.
D’ailleurs, le personnel d’Universum est très prévenant. Il explique bien les règles à chaque participant.e (en français ou en anglais). Des employé.e.s sont présent.e.s dans la salle en permanence et prêt.e.s à intervenir au besoin. Le public se sent vraiment en sécurité. Pour ceux dont c’est la première fois, il y aura toujours quelqu’un pour aider en cas de problème.
Bref, outre le fait que le scénario n’est pas très original, Hôtel Dracula est une expérience qui vaut le détour pour la qualité de ses graphismes et l’immersion qu’elle permet.