Par Alexandra Klisurova

 

La lecture n’est pas seulement un passe-temps ; c’est une manière d’apprendre, une invitation à la réflexion, une escapade vers des mondes nouveaux. C’est pourquoi les genres de l’imaginaire sont si populaires : ils nous offrent de s’évader le temps d’une lecture, de nous faire rêver, de nous faire croire dans des mondes ou des événements qui échappent à la réalité de tous les jours. La lecture, quant à elle, invite à la discussion. Personnellement, je suis si affectée par mes lectures que j’en déborde, et que cela soit par un journal intime, une critique ou une discussion avec des amis, j’ai tout simplement besoin d’en parler. Voici donc la beauté du Prix des Horizons imaginaires : il m’a offert un espace où parler de mes lectures de l’imaginaire avec mes pairs.

Crédit photo : Francesca Robitaille

J’ai déjà écrit sur la beauté des jurys littéraires étudiants dans un précédent article.Vous connaissez probablement l’existence du Prix littéraire des collégiens ; pourquoi alors avoir un Prix des Horizons imaginaires ? Car les deux prix ciblent des genres complètement différents. Bien sûr, le « littéraire » et l’« imaginaire » ont bien plus en commun que ce que certains ne voudraient avouer ; or, ils sont différents dans leur réception. De l’avis populaire, ça semble assez clair : les grands genres littéraires, c’est pour faire réfléchir le lecteur à divers enjeux bien sérieux ; au contraire, les genres de l’imaginaire, c’est pour le plaisir uniquement. Bien sûr, vous l’aurez compris, ça ne tient pas la route ; pourtant, je sens que ça commence à répondre aux questions qu’on peut se poser quant au prix…

L’un des défis des jurys étudiants, c’est le manque de règles et critères pré-écrits. Comment évaluer les livres ? Comment choisir le gagnant ? Aucune règle n’existe à ce sujet. C’est à nous, étudiants, de décider ce qui est primordial pour nous : le plaisir de lecture, les sujets abordés, la légitimité des mondes imaginaires, le style de l’écrivain, le niveau de langue ? Alors que dans le jury du Prix littéraire des collégiens, il était naturel de miser sur la langue et les personnages, j’ai bien souvent vu des étudiants défendre un livre plutôt qu’un autre simplement pour le plaisir qu’ils ont eu à le lire. À l’opposé, alors que, selon les stéréotypes, on s’attendrait à ce que les lectures faisant partie des genres de l’imaginaire soient défendues que selon l’expérience de lecture, il n’en était rien ! Oh, bien sûr, cela jouait un rôle, qui s’éclipsait pourtant devant l’importance que l’on attribuait au niveau de langue ou encore à l’effort mis dans le développement des éléments imaginaires. Pour le premier critère, je lève d’ailleurs mon chapeau à Maléficium de Martine Desjardins ; quant au deuxième, je me dois de souligner le travail de Sylvie Bérard sur Terre des Autres. Finalement, fait curieux, les critères que les autres jurés et moi avons fini par choisir pour évaluer les cinq romans finalistes cette année s’appliqueraient tout autant à la littérature générale évaluée dans le cadre du Prix littéraire des collégiens.

Affiche : Julien Martineau

Au final, mes expériences dans les deux prix ne sont pas tant différentes que ça. J’avais chaque fois affaire à des gens passionnés, à des étudiants curieux, à des auteurs intéressants, à des livres qui ont changé ma vision du monde. Dans le domaine des genres de l’imaginaire autant que dans celui des genres traditionnels, le Québec a des auteurs talentueux qui écrivent des livres passionnants ; c’était un plaisir et un privilège de les lire, surtout dans un tel cadre.

 


 

[box]Ambitieuse, intelligente, passionnée : Alexandra a commencé à écrire des poèmes à l’âge de 8 ans et a autopublié son 1er roman à 16 ans. Elle jongle avec ses études, sa passion pour la lecture, l’écriture et l’aviation, sa pratique de l’escrime et ses mille-et-un autres passe-temps. Déterminée, elle s’entête à toujours faire plus que le nécessaire et à se surpasser sur le plan scolaire ; rêveuse, elle ne manque jamais l’occasion de s’évader dans un livre. À l’aise dans quatre langues (bulgare, russe, anglais et français), elle lit, écrit et rêve dans chacune. Elle aime garder un pied dans le monde scientifique et l’autre dans le monde littéraire, et se passionne pour les enjeux de la santé mentale.[/box]